Kanayo F. Nwanze (à gauche), Président du Fond International de Développement Agricole (FIDA); Yonov Frederick Agah, Directeur Général Adjoint de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Susan Mboya, Présidente de la Fondation Coca-Cola pour l'Afrique; Philip Kiriro, Président de la Fédération des Agriculteurs d'Afrique Orientale (EAFF); et Gérardine Mukeshimana, Ministre de l'agriculture et des ressources animales du Rwanda lors du Forum Economique Mondial sur l'Afrique 2016 à Kigali, Rwanda.

(PHOTO: WEF / BENEDIKT VON Loebell)

Coca-Cola a rejoint plus de 1.200 chefs d'États, chefs d'entreprises,  universitaires, organisations internationales, journalistes et artistes la semaine dernière au Rwanda pour prendre part au 26ème Forum Economique Mondial sur l'Afrique, sans doute l'événement annuel le plus important en Afrique. Tenu sous le thème « Connecter les ressources africaines à travers la transformation numérique », le forum a traité des sujets d'actualité tels que les partenariats, les jeunes et la technologie.

Trois jours durant, j'ai eu l'honneur de prendre part à des discussions très riches. Voici  cinq faits saillants que j’ai retenu de mon séjour dans la capitale, Kigali, une ville dynamique qui vit au rythme d’une croissance rapide et d’une transformation inspirée de sa propre dynamique :

1. L’autonomisation des jeunes  gagne en maturité

Du fait que la population de l'Afrique devrait doubler à 2,4 milliards de personnes d'ici 2050 (et représente un quart de la population mondiale), l'importance de créer des emplois et de soutenir l'éducation pour la jeunesse africaine a occupé le devant de la scène. La cause des jeunes a été souvent défendue par le secteur privé, les représentants du gouvernement et de la société civile et exprimée par la communauté Global Shapers, un réseau de jeunes futurs leaders avec une passion pour l'entrepreneuriat social. Avec un accès à l’éducation et à l’entreprenariat qui traîne le pas par rapport à d’autres continents, Coca-Cola, partenaire fondateur de Global Shapers, a accueilli un événement interactif avec African Global Shapers qui ont pris part au Forum Economique Mondial sur l'Afrique et des experts de l'ONU Femmes, TechnoServe et Digital Opportunity Trust pour examiner la relation entre l'autonomisation des jeunes en Afrique et leurs aspirations qui ouvrent la voie à la croissance. 

2. L'agriculture durable plante les graines de la croissance

Le secteur agricole emploie aujourd'hui plus de 65% de la population active africaine et représente plus de 30% de l'économie du continent. Je fus invitée à prendre part à une discussion plénière qui a mis la lumière sur la nécessité de créer de nouvelles approches pour des systèmes alimentaires durables, innovants et soucieux de l'environnement. La séance a porté sur l'importance d'assurer des systèmes agricoles écologiquement et économiquement durables afin que la terre puisse fournir une bonne qualité de vie pour les générations futures, et que les agriculteurs puissent fournir des aliments sains et nutritifs pour les générations futures d'Africains. C'est un domaine que Coca-Cola est engagé à soutenir. Outre la mise en œuvre des principes directeurs de l'agriculture durable, j'ai également pu partager plus de détails sur Source Africa, un engagement de Coca-Cola à la construction d'une chaîne d'approvisionnement agricole durable et locale en Afrique conçue au profit des agriculteurs et des économies.

3 - Renforcer de l'intérieur la résilience de l'Afrique

Depuis l'indépendance, les gouvernements africains se sont appuyés sur l'aide étrangère pour faire face aux catastrophes climatiques, y compris la famine, les épidémies telles que la crise d'Ebola, et les catastrophes naturelles. Le renforcement des capacités et de la résilience sera essentiel pour développer la capacité de l'Afrique à gérer ces problèmes par ses propres moyens. Aux côtés des ministres de la Santé du Nigeria et du Mali, j'ai participé à une discussion qui a mis en avant les efforts de Coca-Cola et nos partenaires pour renforcer la résilience de l'Afrique à travers le renforcement des systèmes de santé en Afrique grâce à des partenariats innovants dans le projet «Last Mile», ainsi que les efforts visant à lutter contre Ebola en 2015, moins d'un an après l'Afrique de l'Ouest a été déclarée libre de l’épidémie. Avec d'autres exemples tels que l’essai effectué par UPS et Zipline pour transporter des poches de sang par drones au Rwanda, il était clair que de solides partenariats entre le gouvernement, la société et le secteur privé sont essentiels pour relever les défis qui peuvent et ne peuvent pas être prévus.

4. La technologie pour favoriser la "Quatrième révolution industrielle"

Conférencier invité et ancien Premier Ministre britannique, Tony Blair a souligné: "le téléphone mobile sera le premier produit de technologie universel», faisant écho aux propos du Professeur Klaus Schwab qui a relevé qu'une révolution numérique promet d'être une « transformation unique que l'humanité n'a jamais connu". Alors que seulement 40% des Africains disposent d'un approvisionnement énergétique fiable aujourd'hui, un réseau inspiré du modèle Silicon Valley émerge avec 3.500 startups dans le domaine de la technologie et un financement par capital de risque de plus en plus important en Afrique. Avec les téléphones mobiles à la portée d'un nombre croissant d'Africains, la possibilité d'une nouvelle technologie permettant d’innover et de dépasser d'autres économies est réelle. Par exemple, la technologie mobile permet aux petits exploitants agricoles en Afrique d'améliorer leurs rendements et de trouver de meilleurs marchés et prix pour leurs produits par le biais des groupes d'achat pour regrouper leurs produits, leur permettant de les vendre sur le marché mondial.

5: Les partenariats : la clé pour relever les défis de l'Afrique 

Tout en se tournant vers un avenir prometteur, le Forum Economique Mondial a reconnu que relever les défis existants, tels que la santé, l'autonomisation économique des jeunes et des femmes, les chaînes de valeur de l'agriculture durable, l'accès pour tous à l'eau et à l'assainissement, nécessitera un effort commun du secteur privé, du secteur public et des organisations non gouvernementales (ONG), chacune jouant son rôle. Les investissements des secteurs privés dans l'innovation fournissent des solutions qui peuvent être appliquées dans la résolution des problèmes les plus urgents de l'Afrique, alors que le secteur des organisations non gouvernementales dispose du savoir-faire technique pour identifier et trouver des solutions à ces problèmes. Le secteur public a besoin de créer un environnement favorable en investissant dans les infrastructures et améliorant le climat des affaires, incluant la réduction des barrières commerciales. Le Rwanda a récemment dispensé tous les pays Africains de visa d'entrée... lui valant d’être le choix idéal pour réunir les dirigeants de tout le continent pour les discussions importantes de ce forum.

Susan Mboya est la présidente de la Fondation Coca-Cola pour l’Afrique.

Par Susan Mboya | 17 mai 2016